Lifestyle

L’éco-construction, immobilier neuf du futur ?6 min read

30 octobre 2019

author:

L’éco-construction, immobilier neuf du futur ?6 min read

Vers un nouveau modèle d’éco-habitat

Les questions relatives à l’émission de CO2, à la consommation énergétique, au gaz à effet de serre (GES), à la raréfaction des ressources fossiles, ou encore au réchauffement climatique sont de plus en plus présentes dans notre quotidien et influencent nos décisions. À travers ses nouvelles responsabilités, nos pratiques et nos comportements prennent en compte les effets et les impacts de nos activités en respectent un certain nombre de contraintes sociétales, environnementales et économiques fixées par le Développement Durable. La construction immobilière n’échappe pas à cette prise de conscience, aux défis écologiques qu’elle engendre et à la nécessité de renforcer notre maîtrise de la consommation d’énergie.

Depuis une dizaine d’années, se lancer dans la construction neuve, c’est aussi choisir un mode de vie en adéquation avec les valeurs du Développement Durable, et faire appel à des principes et à des techniques d’éco-construction pour créer un habitat à la fois confortable et économe. La construction durable est un concept qui regroupe l’ensemble des moyens techniques qui permettent de construire un habitat sain et agréable à vivre avec un niveau de confort égal à un habitat conventionnel. Le process, 100 % responsable, minimise l’empreinte sur l’environnement, réduit les pollutions (GES, eaux usées…) et diminue la consommation d’énergie en ayant recours aux énergies renouvelables.

Les habitations ont désormais un cycle de vie

Pour parvenir à ses fins, l’éco-construction s’appuie sur l’éco-conception et utilise une méthode scientifique, l’analyse du cycle de vie (ACV). Cette technique d’évaluation est un outil d’aide à la décision qui propose un autre modèle de développement, moins consommateur en énergies fossiles.

L’éco-conception s’intéresse aux aspects environnementaux des composants, des produits, des matériaux et de toutes les ressources utilisées ,qui seront sélectionnés et mis en œuvre. La méthodologie permet de mesurer leur impact durant toutes les étapes de leur cycle de vie. La démarche détermine l’empreinte écologique totale du bâtiment (conception, construction, exploitation du bâtiment, démolition, déconstruction, recyclage des matériaux, réhabilitation) et apporte des solutions aux différentes problématiques en respectant un certain nombre de contraintes.

Elle s’accompagne d’une réflexion sur la manière la plus adaptée d’intégrer le bâti dans son environnement (implantation, effets de la construction sur la biodiversité, exposition, architecture, utilisation de matériaux locaux, …).

Il s’agit également de répondre à des exigences sociétales et économiques en permettant aux futurs propriétaires de faire des économies financières grâce à des équipements moins énergivores, tout en dynamisant le tissu économique local de la filière du bâtiment qui profite de nouvelles opportunités d’activité et de la structuration d’éco-industries sur les territoires.

Éco-conception et économie circulaire

L’éco-conception est une composante de l’économie circulaire qui vise à rendre notre environnement moins polluant dans son ensemble et plus économe dans l’utilisation des ressources de la planète, tout en poursuivant des objectifs de croissance économique. Il s’agit d’un nouveau modèle d’économie qui vise à rompre avec l’économie linéaire.

Tandis que cette dernière consiste à extraire, fabriquer, consommer et jeter, l’économie circulaire, au contraire, s’oriente vers un modèle vertueux de production, d’échanges et de consommation, moins dépendant des ressources non-renouvelables.

Cette notion de circularité repose sur une série de boucles qui réduisent la perte de la matière et retardent sa fin de vie, réduisent la consommation des ressources stratégiques et limitent le recours à des emplois délocalisés.

Les matériaux de l’éco-construction

L a bioconstruction privilégie les matériaux qui :

  • ont un faible impact écologique (extraction, production, transport, recyclage, …),
  • consomment peu d’énergie (contrairement au pétrole, au charbon ou au gaz),
  • assurent une isolation thermique et phonique optimale tout en étant énergétiquement performants,
  • garantissent des performances hygrométriques (degré d’humidité de l’air ambiant) pour que l’habitat soit salubre,
  • limitent l’utilisation de substances nocives et les émanations de COV (Composés Organiques Volatils) que l’on trouve habituellement dans les solvants, colles, peintures, …,
  • réduisent les émissions de C02 à la production,
  • promeuvent l’utilisation de ressources de proximité.

Deux options sont alors envisageables

  • Les composants naturels dits écologiques (bois, chanvre, lin, paille papier recyclé, coton, laine de mouton, miscanthus,…).
  • Les composants issus de techniques récentes (blocs de béton cellulaire, brique alvéolaire, bois soufflés de fibres de cellulose, matériaux composites, blocs de terre cuite alvéolés, …).

Maisons passives, maisons de demain

Notre responsabilité envers la planète et la nécessité de protéger l’environnement ont induit de nouveaux modes de consommation et ont modifié notre vision de l’habitat. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à vouloir prendre en considération les problématiques environnementales et considérer que la protection de la nature fait partie de la qualité de leur habitat : promotion d’un meilleur usage des matières, la recyclabilité et le réemploi des matériaux, et la réduction des rejets dans les milieux naturels.

La production de matériaux de l’éco-construction est en plein développement (structure, maçonnerie, charpente, menuiseries, façade, revêtement de sols et murs, matériaux d’isolation, colles, enduits, peintures, …) Elle est assortie d’une labellisation de la filière du bâtiment (Ecolabel, NF environnement, Ecocert, ISO 14001, FSC ou PEFC pour le bois, Natur Plus, …) qui respecte un cahier des charges exigent et précis et intègre des critères techniques, environnementaux et sanitaires.

Dans ce contexte, les concepts de maison basse consommation (BBC) ou maison passive semblent progressivement devenir la norme, soutenus par des techniques et des matériaux de construction qui améliorent en permanence les performances énergétiques des maisons. Les logements locatifs privés, individuels ou collectifs bénéficient aussi de cette transition et de ces principes de sobriété comme de nombreux bâtiments : équipements sportifs, équipements hospitaliers, équipements scolaires, bureaux, campus universitaires, …

Cependant, la construction d’une maison écologique représente un investissement financier supplémentaire et augmente de 10 à 20 % les coûts par rapport à une maison classique. Et si les candidats sont nombreux, il demeure un certain nombre de freins directs à l’essor de l’éco-construction : coût des énergies, pouvoir d’achat, aides des pouvoirs publics, …

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *